La naissance de Little L.

Après une première grossesse catastrophique (alitement complet dès le quatrième mois, contractions à répétition, hospitalisation etc.) et un accouchement « volé » suite à une césarienne en urgence en 2010, je vivais sereinement cette seconde grossesse. Le projet de naissance que j’avais rédigé (en accord avec Chouchou) était clair : mettre tout en oeuvre pour un AVAC (accouchement par voie basse après une césarienne) réussi, pas de péridurale ni d’épisiotomie, pouvoir rester mobile et choisir les positions qui me conviendraient le mieux pendant le travail le jour J.

Pour cette naissance, j’avais changé de Maternité et choisi d’accoucher dans une clinique privée. Le gynécologue qui me suit depuis le début de ma grossesse est 100% derrière mon conjoint et moi dans notre projet d’AVAC, il y croit avec nous. Ma fille est annoncée comme un « gros » bébé (entre 3.800kg et 4.000kg à terme) mais ma radio du bassin laisse apparaître un « boulevard » !! Qui plus est, les conditions de ma première césarienne étaient bien spécifiques et tendaient à ne pas se reproduire cette fois-ci. Aucune contre-indication à un accouchement par voie basse donc…

J’ai suivi des cours de préparation classique à la naissance, accompagnés de séances supplémentaires en piscine. J’ai vraiment adoré ces moments de détente avec cette impression d’être totalement centrée sur mon Bébé une fois dans l’eau… En complément, je me renseignais sur les méthodes de relaxation et de respiration que j’appliquais au quotidien le dernier mois.

Le jour du rendez-vous avec l’anesthésiste, j’exprimais mon désir d’accoucher sans péridurale. Elle ne m’a jamais dissuadé du contraire, bien que la césarienne pour mon aînée ait été pratiquée avant même le début du travail. Cet accouchement par voie basse (s’il avait bien lieu) serait de ce fait considéré comme une première fois d’un point de vue purement physique et « médical » !

***

Mercredi 25 avril 2012.

Cela fait environ une dizaine de jours que j’enchaîne des périodes de faux-travail à répétition, notre petite Little L. est déjà bien chipie !!! Je suis aujourd’hui à un peu plus de 40 semaines d’aménorrhée.

6h00. Depuis la veille, je souffre de fortes contractions que rien ne calme. Jusque là elles étaient plutôt anarchiques mais à présent je les ressens toutes les 10 minutes.
Impossible de me rendormir, j’avale deux comprimés de Spasf** en espérant qu’elles finiront par s’estomper.

6h45. Rien de concluant, c’est même de plus en plus douloureux. Je décide d’utiliser un suppositoire de Salbum** et de prendre une douche. Je sais déjà que le bain sera inefficace, la veille il a même eu l’effet inverse…

Mauvaise pioche à nouveau, les contractions allant en s’intensifiant et se rapprochant toutes les 7 minutes. Je recommence à y croire, c’est peut-être LE grand jour cette fois ?!

Chouchou est déjà parti au travail, il est du matin toute la semaine en cette période de vacances scolaires. Pas d’aide de son côté donc, je vais devoir gérer seule Miss J. alors tout juste âgée de 19 mois…
Elle se réveille sur les coups de 8h00 et je souffre toujours autant. Deuxième douche inefficace, je décide d’appeler mon meilleur ami afin qu’il puisse m’accompagner à la Maternité et s’occuper de ma Princesse.

Il arrive vers 11h00, nous partons immédiatement. Dans la voiture, je m’accroche à chaque contraction pour ne pas hurler ma douleur.

11h30. Arrivée à la clinique, je suis reçue par Isabelle la sage-femme avec qui j’avais suivi les cours de préparation à la naissance. Sa présence à mes côtés me rassure et je suis soulagée qu’elle soit de garde.

Elle m’installe en salle de naissance, branche le monitoring. Les contractions sont rapprochées toutes les 5 minutes (puis rapidement toutes les 3 minutes) mais pas encore suffisamment fortes selon elle. Aaaaahhhhh ???

12h30. Isabelle décide finalement de me garder, c’est pour aujourd’hui me dit-elle. Chouette alors !

Le travail n’avançant pas allongée, elle me propose d’aller marcher dans les couloirs de la clinique. Je rejoins alors mon ami et Miss J. en salle d’attente. Chouchou ne peut pas se libérer avant 14h00, je suis déçue mais en même temps pour le moment il ne rate rien…

14h30. Cela fait deux heures que j’arpente les couloirs, je connais chaque recoin par cœur. J’en ai également profité pour compléter mon dossier avec des prises de sang supplémentaires.

Les contractions sont toujours aussi rapprochées et s’intensifient en termes de douleur. Je n’en peux plus mais je tiens bon, croisant les doigts pour qu’Isabelle m’annonce une bonne nouvelle…

Depuis le matin je perds un liquide teinté – qui se révélera être une fissure de la poche des eaux – mélangé à un reste de bouchon muqueux (que j’ai commencé à perdre fin février !). Ces pertes se révèlent plus abondantes au fil des heures.

Retour en salle de naissance. Nouvel examen d’Isabelle : mon col est dilaté de 2cm larges et effacé, mais toujours postérieur +++

Ce n’est pas rassurant selon elle, car cela peut signifier un travail long. Or mon utérus cicatriciel ne me le permet pas si je souhaite bénéficier d’un accouchement par voie basse… La politique d’un AVAC dans cette Maternité étant d’une dilatation d’un cm par heure…

Tant que mon col sera toujours aussi haut, impossible de poser une péridurale non plus. Je vais donc devoir continuer à gérer la douleur comme je peux, mais en même temps je l’ai voulu n’est-ce pas ?

15h00. Chouchou arrive enfin, tout de mauve vêtu. Un vrai tombeur !! :-p

Les contractions sont vraiment fortes à présent et de plus en plus rapprochées, j’ai du mal à reprendre mon souffle entre chaque. Toujours sans péridurale, heureusement que Chéri est là pour me soutenir car je fatigue beaucoup. La faute également aux nombreuses nuits blanches cumulées ces dernières semaines. Mais Isabelle m’encourage énormément, je me débrouille super bien selon elle 🙂

Elle m’examinera toutes les heures jusqu’à 18h00. Rien ne bouge, le travail stagne inexorablement malgré les allers/retours dans la clinique et les nombreuses bascules de bassin sur le ballon (qui m’ont par ailleurs merveilleusement soulagée aux moments les plus douloureux). Elle nous demande de réfléchir à la suite des évènements mais notre décision est prise rapidement : ce sera la césarienne.

Le rythme cardiaque de Little L. est encore bon mais je ne désire pas prolonger ces heures de torture que je vis depuis la veille… Je sens que cet accouchement finira en césarienne quoi qu’il arrive, autant finir d’abréger tout cela ! Et puis je ne saurai l’expliquer, je sens qu’il est temps que ma fille voit le jour, j’ignore pourquoi mais je préfère écouter mon instinct de Maman plutôt que mon envie profonde d’un AVAC…

L’obstétricien de garde est donc prévenu, l’équipe du bloc se prépare.

Chouchou ne pourra pas assister à la naissance de sa seconde fille mais la séparation est mieux vécue que pour Miss J. Il m’accompagne jusqu’aux portes du bloc opératoire et Isabelle assistera à la césarienne. Je pars sereine.

Je plaisante avec l’anesthésiste avant l’opération, nous parlons football et Ligue des Champions… lol !

L’ambiance est détendue malgré mon stress qui monte. Le gynécologue-obstétricien arrive sur ses entrefaites, lui aussi se montre de bonne humeur et rassurant à mon égard. De son côté, Isabelle ne cessera de me tenir la main durant toute l’opération.

19h22. Les premiers cris de mon Bébé résonnent dans le bloc opératoire. Malgré ma chute de tension, je pleure sans pouvoir m’arrêter.

Une puéricultrice me présente ma fille : comme elle est jolie !!! Je peux la toucher et l’embrasser à loisir, ce qui m’avait cruellement fait défaut lors de la naissance de Miss J…

Little L. est ensuite amenée à son Papa qui pratiquera le peau à peau jusqu’à mon retour en chambre.

Je resterai une heure seulement en salle de réveil, tout va bien et l’équipe sait que je souhaite allaiter ma princesse au sein. Pro-allaitement, ils sont partisans de la mise en place d’une tétée de bienvenue aussi rapide que possible.

Malgré le fait que je n’ai pas pu bénéficier d’un accouchement par les voies naturelles comme je le souhaitais, je ne regrette absolument pas ma seconde césarienne, peut-être grâce à une mise en route du travail spontané le matin-même qui m’aura permis de connaître la rupture de la poche des eaux ainsi que les contractions de travail mais aussi et certainement grâce au soutien d’une équipe médicale compétente restée à l’écoute de nos désirs tout au long de la journée. Ils ont, chacun à leur niveau, respecté notre projet de naissance et à aucun moment ne nous ont forcé à quoi que ce soit. La décision nous appartenait, jusqu’à un certain point certes (si la santé de notre fille avait été en jeu à un moment, nous n’aurions pas eu le choix de la césarienne en urgence je pense) et je sais que si je devais tomber enceinte à nouveau, j’accoucherai certainement là-bas.

Cette césarienne était par ailleurs nécessaire et vitale pour Little L. car mon utérus était sur le point de se rompre, d’après l’obstétricien cela n’était plus qu’une question d’heures… Sachant que lors d’une rupture utérine, le premier à « trinquer » est le bébé.

Alors que la césarienne de ma fille aînée a été davantage vécue comme si on me privait de mon accouchement, cette fois-ci j’ai vraiment été actrice de ce dernier. Il m’a réconciliée avec la césarienne 🙂

Je suis aujourd’hui la Maman comblée de bébés rapprochés, qui déborde d’amour pour ses deux magnifiques petites fleurs !!!

Mon ventre durant la grossesse de Little L. Photo prise à 37SA

BB2- 37SA (4)

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La naissance de Miss J.

Comme toute future Maman je pense, j’avais rêver voire idéaliser cette première grossesse. Je ne savais pas trop ce qui m’attendait, j’avançais un peu au hasard en me laissant guider par mon instinct. Je suivais les recommandations médicales bien entendu mais d’un autre côté j’écoutais surtout mes besoins physiologiques, j’écoutais mon Bébé, cette petite vie qui grandissait en moi…

Rapidement, dès la fin du troisième mois de grossesse en réalité, la panique cédait la place aux questions des premiers mois. Je n’avais pas connu les nausées, les vomissements ni tous les petits maux « classiques » du premier Trimestre et alors que le spectre du risque de la fausse-couche s’éloignait, je ressentais mes premières contractions utérines. J’ignorais alors de quoi il s’agissait, je pensais naïvement à des crampes d’estomac… 😦

Le diagnostic fut posé après avoir perdu de légers filets de sang : décollement placentaire, puis placenta praevia au milieu du quatrième mois. Mon gynécologue me conseilla de rester allongée le plus possible, autorisation de me lever uniquement pour me doucher et aller aux toilettes. Mon alitement commençait, une nouvelle organisation devait se mettre en place – un article concernant ce sujet sera bientôt publié.

A chaque visite mensuelle, une échographie… Mon placenta restait bas avec une languette recouvrante, et malgré l’absence de toucher vaginal mes pertes sanguines se poursuivaient… Je restais au lit (ou sur mon canapé, devenu mon plus proche ami) jusqu’à la fin de risque présumé de prématurité, c’est-à-dire jusqu’à 37 semaines d’aménorrhée.
Entre-temps, j’ai connu une hospitalisation d’une semaine et manqué d’être déclenchée à cause d’un rythme cardiaque foetal mauvais.

Après avoir été alitée près de 5 mois pour menace d’accouchement prématuré, j’attendais désormais avec impatience la naissance de ma petite fille qui se faisait désirer…

***

Mardi 21 Septembre 2010. Dans l’après-midi, je commence à perdre un peu de liquide incolore (comme de l’eau) mais pas en quantité suffisante pour penser à la perte des eaux. Je me dis alors qu’elle vient sans doute de se fissurer.
En fin de journée, Chouchou et moi nous rendons donc à la Maternité pour un contrôle. Je ne me fais cependant guère d’illusions car ce n’est pas la première fois que cela m’arrive et à chaque fois les prom-tests effectués sont revenus négatifs…

Arrivée à l’hôpital vers 17h00. Je commence maintenant à être connue comme le loup blanc et je suis rapidement conduite aux Urgences où une sage-femme me reçoit moins de cinq minutes plus tard. Il faut dire que je suis pratiquement à terme, à la veille d’entrer dans ma 40e SA !

Ni une ni deux, me voici installée dans une chambre puis immédiatement placée sous monitoring après un tour au pipi-room pour un test urinaire.
Les contractions sont nombreuses et de plus en plus rapprochées, mais je gère plutôt bien la douleur. Le rythme cardiaque du bébé est bon malgré quelques chutes sous la barre des 100 pulsations, rien de significatif ou alarmant cependant selon la sage-femme.

Elle revient au bout d’une demi-heure pour le prom-test qui se révèlera négatif, comme je m’en doutais…
Elle semble satisfaite des résultats du monito et décide de pratiquer un toucher vaginal avant de me laisser rentrer chez moi. Je pense à ma languette recouvrante au niveau du col mais je lui fais confiance et n’en souffle mot, elle connaît son travail et mon dossier qu’elle a sous les yeux. La sage-femme prétend ne pas réussir à toucher mon col qui est à ses yeux encore bien postérieur malgré le fait qu’il soit déjà dilaté de 2cm. Il n’empêche que j’ai mal comme jamais et je dois me retenir pour ne pas hurler ma douleur !!!
Chouchou devient tout pâle en m’observant m’accrocher aux barreaux du lit…

Finalement, autorisation m’est accordée de rentrer à la maison une heure et demi après notre arrivée à la Maternité.

Une fois chez moi je file aux toilettes où je perds un peu de sang. Je ne m’affole pas, normal me dis-je vu comment la sage-femme a titillé mon col…

La soirée se passe. Chouchou et moi dînons vers 21h30, les contractions se sont espacées et je pense que la sage-femme a raison : la naissance de Miss J. ne sera pas pour tout de suite. Sans doute même vais-je peut-être dépasser mon terme prévu au 30 Septembre.

Autant dire que ce soir-là mon moral n’était pas au top. Après 5 mois d’alitement complet, voilà que ma princesse se faisait désirer alors que les contractions et douleurs diverses liées à toute fin de grossesse, elles, ne me laissaient pratiquement aucun répit…

A 23h00, alors que je surfe sur Internet, une intense douleur au bas-ventre me plie littéralement en deux et je ne peux retenir un cri. Assis à mes côtés sur le canapé, mon homme est pris au dépourvu et ne sait trop comment réagir.
Je lui demande de m’aider à me lever après avoir laissé passer du temps pour reprendre mes esprits et à peine debout, je sens alors un liquide chaud couler entre mes jambes. Persuadée qu’il s’agit cette fois de la fameuse perte des eaux, je lui annonce dans un souffle que l’accouchement sera finalement imminent. Je me traîne comme je peux aux toilettes.
Là, c’est la stupeur puis rapidement l’angoisse qui font place au soulagement ressenti quelques secondes plus tôt : ce n’est pas de l’eau qui coule, mais du sang !!!!! D’énormes caillots de sang rouge foncé qui ne semblent pas vouloir s’arrêter de tomber…

Chouchou est totalement paniqué, je dois donc assurer pour deux. Le plus calmement possible, je lui demande de me descendre une tenue de rechange ainsi qu’une serviette hygiénique. C’est une véritable hémorragie, il y a du sang partout ! 😦
Mon homme rumine dans son coin, il en veut à la sage-femme qu’il tient pour responsable. Je reste pour ma part sceptique : autant de sang peut-il être uniquement lié à un TV mal pratiqué ?

J’essaie de calmer la fougue de Chouchou et lui demande de composer le numéro de la Maternité pour les prévenir de notre arrivée. Pas le temps d’appeler les Pompiers, il faut être là-bas au plus vite ou bien je vais finir par me vider de mon sang…
Le hic, c’est que mon homme n’a pas le permis. Je vais donc devoir continuer d’assurer en nous conduisant moi-même jusqu’à l’hôpital. Environ vingt minutes de route si tout va bien !

Avant de partir, Chouchou a la présence d’esprit de descendre ma valise et mon vanity-case. La valise de Miss J. et celle pour la salle d’accouchement se trouvent déjà dans le coffre.
Le trajet se déroule relativement bien (mis à part quelques vilaines contractions que je dois contrôler au mieux pour ne pas finir pliée en deux), la route est dégagée à cette heure tardive et nous arrivons aux Urgences quinze minutes plus tard…
Après avoir perdu pratiquement une demi-heure dans le hall de l’hôpital (l’infirmière de garde n’arrivait pas à mettre la main sur mon dossier !!!), on m’installe cette fois directement en salle de travail puis une sage-femme me demande si j’ai envie d’uriner. Euh… là maintenant pas vraiment, je souhaite plutôt que l’on trouve un moyen de stopper l’hémorragie !!! Je ne me gêne pas pour le lui faire remarquer. Il y a urgence, l’heure n’est pas au protocole !

Je sens que le sang coule toujours pendant que l’on me met sous monito. Nouveau TV encore douloureux, décidément !!!
Finalement Chouchou et moi passerons la nuit entière dans cette salle de travail, moi allongée sur le côté gauche pratiquement tout le temps et mon homme qui tentera de trouver le sommeil sur un fauteuil peu confortable.
Je perds un peu moins de sang allongée mais dès que je pose un pied à terre pour me rendre aux toilettes, c’est une véritable inondation. J’ai honte, je mets du sang partout sur le sol…

Le gynécologue de garde passe nous voir à deux reprises. La dernière fois, c’est pour m’annoncer que si les pertes ne s’arrêtent pas il devra envisager la césarienne d’urgence.

Mercredi 22 Septembre. Il est 8h00 lorsque le gynécologue est de retour. Il m’annonce que la césarienne devient inévitable. Ok, dans ma tête ma fille naîtra dans les jours à venir. Je ne réalise pas vraiment, jusqu’à ce qu’une infirmière ne s’approche et me demande : « Vous avez compris ce que le médecin vient de vous dire Madame ? »
Autour de moi, le personnel s’agite comme une nuée d’abeilles. On change ma perfusion, on commence à me poser une sonde urinaire puis à me raser.
Dans un brouillard, je réponds alors à l’infirmière que je pense que oui… La césarienne est pour aujourd’hui, n’est-ce pas ? Elle approuve d’un petit oui.

On demande à mon conjoint d’aller récupérer le sac contenant les premiers vêtements de notre bébé. Lui non plus n’a pas réalisé, je le vois tout perdu et ne sachant que faire.
C’est à moi de lui répéter et de lui annoncer que l’accouchement est pour aujourd’hui. Dans moins d’une heure sans doute il tiendra sa fille dans ses bras…

Quelques minutes plus tard, je suis conduite au bloc opératoire… sans avoir pu embrasser Chouchou une dernière fois. Je demande au personnel s’il est possible de l’attendre, on me répond que non. Le reste de l’équipe patiente au bloc et visiblement les césariennes programmées ce jour-là sont nombreuses.
J’en pleure tellement je suis déçue !!

Au bloc opératoire, il fait un froid glacial. Je tremble de tous mes membres, on me rassure : avec la péridurale, un effet de chaleur parcourra bientôt mon corps. S’ils le disent… En attendant, j’ai l’impression que les minutes défilent comme des heures…
Je suis reliée de partout à des tuyaux. Il y en a tellement que l’anesthésiste lui-même finit par les emmêler ! J’en aurais ri si je n’étais pas aussi stressée.
Finalement la rachi-anesthésie est posée du premier coup, je ne sens rien du tout !! Oufff, déjà une réticence de passée…
Le gynécocologue et son assistant commencent rapidement à s’affairer au niveau de mon ventre. Tout près de moi, une infirmière reste à mes côtés et à ma demande elle me raconte ce qu’ils font et à quel stade ils en sont. Elle me rassure beaucoup, sa présence m’aide énormément à ne pas péter un plomb !! Sa voix est douce, ses mots choisis avec soin…
Je sens par intermittence que l’on appuie sur mon ventre, j’entends dans un brouillard le gynécologue râler du fait que le Bébé soit bien haut, ils semblent avoir des difficultés à la sortir ma pauvre petite Chérie 😦

8h48. Un gargouillement se fait entendre puis presque immédiatement après, les premiers pleurs. Ça y est, ma petite Miss J. vient de naître ! Les larmes me montent aux yeux avant même de la voir, je ne peux les retenir…
Une puéricultrice me présente alors ma fille. Elle est tellement petite !!! Mes bras entravés m’empêchent de la toucher mais je tiens à l’embrasser avant de la voir aussitôt disparaître. Je me rassure en me disant qu’elle ne sera pas seule, son père attend de l’autre côté de la pièce et l’accompagnera.

9h30. Je sors à mon tour du bloc, direction la salle de réveil. Je suis tout à la fois engourdie et sur mon petit nuage. Je ne réalise toujours pas en réalité…
Quinze minutes plus tard apparaissent Chouchou et une infirmière poussant un petit lit dans lequel se trouve Miss J. Mon homme et moi tombons en larmes dans les bras l’un de l’autre.
On me demande si je souhaite la prendre sur moi en peau à peau. J’accepte volontiers. Malheureusement au bout de dix minutes son père doit la remettre dans son lit car je ressens de violentes nausées…

Je serai finalement conduite dans ma chambre trois heures plus tard (trois heures passées seule, Chouchou et Miss J. ayant dû quitter la salle de réveil peu après leur arrivée). J’ai perdu beaucoup de sang depuis la veille, il faut donc poursuivre les perfusions. Si cela s’avère nécessaire, on me parle même de transfusion (à laquelle j’échapperai finalement, fort heureusement !).
Miss J. se porte bien, c’est l’essentiel à mes yeux. Elle mesure 50cm pour 3.190kg, et je la trouve tellement petite !! Mais surtout si jolie, une véritable merveille.

La mauvaise nouvelle tombera le lendemain : le taux de plaquettes de Miss J. est trop bas. 50.000 au lieu de 150.000 normalement…
Le vendredi 24 Septembre au matin, elle est donc conduite en service de Néonatologie, sans moi. Ce jour-là, je le passerai à pleurer toutes les larmes de mon corps. Jusqu’au lundi suivant, Chouchou et moi ferons la navette entre la Maternité et la Néonat’. Puis enfin le lundi après-midi, je suis autorisée à rejoindre ma fille là-bas. Nous serons ensemble en chambre mère-enfant jusqu’au jeudi suivant, jour de ma sortie.
Miss J., elle, sera autorisée à rentrer à la maison le lendemain. Nous serons donc restées hospitalisées presque 10 jours…

Finalement tout est rentré dans l’ordre et la veille de son retour à la maison, le taux de plaquettes de ma fleur d’automne était remonté à 160.000 !
Elle souffre malgré tout encore aujourd’hui d’une légère paralysie faciale du côté droit. Une petite bosse sur l’arrière de son crâne s’est résorbée dans les mois qui ont suivi et l’intérieur de son oreille droite n’est pas tout à fait bien formé. Peu importe pour mon homme et moi : notre bébé est la plus belle des petites filles !!!

Je t’aime tant ma Princesse !

Mon ventre durant la grossesse de Miss J. Photo prise à 38SA

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